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 Jour 2 - Mikami

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Mikami

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MessageSujet: Jour 2 - Mikami   Jeu 18 Fév - 0:18


Le jour vint poindre à la fenêtre de Mikami qui ouvrit les yeux sans faire de manières. Il les fit cligner deux fois, et se redressa après s'être emparé de ses lunettes qui résidaient sur la table de chevet toute proche. D'un mouvement rotatif assuré, il déploya ses jambes jusqu'au sol en tâtonnant du pied pour enfiler ses pantoufles rangées consciencieusement  à l'endroit habituel. D'une flexion brusque il se dressa de tout son chef, et s'étira à en craquer le moindre os de son corps. Il portait une tenue de nuit en deux pièces, la chemise tout d'abord, et le pantalon à élastique, l'ensemble blanc rayé d'une teinte bleue mièvre. Les douces pantoufles qu'il portait au pied contrastaient grandement avec l’ambiance pesante de la précédente nuit. Un grand nombre de morts seraient annoncés aujourd'hui dans la presse, et à la radio. Mikami se dirigea vers la cuisine (une alcôve encaissée dans le salon) pour préparer quelques toasts à la façon de Paris. Tandis que grillait le pain, Mikami alla tourner le potentiomètre du transistor qui trônait sur la table du salon en l'alignant sur la fréquence désirée. D'abord grésillante, une voix qui se fit plus claire annonçait le bulletin météorologique de la journée. La météo... Une invention apparue avec la révolution industrielle qui faisait bien ricaner le jeune Magus tant la précision des annonces pour la journée même laissait à désirer. Une fois le bulletin fini, la radio passa quelques tubes actuels. Le temps pour Mikami d'engouffrer son petit déjeuner dans un flot de café noir.

Un chant chevrotant scandait des airs nouveaux alors que le mage étalait un tapis de sol au beau milieu de son séjour, et ouvrit une fenêtre pour laisser l'air revigorant du matin. Il retira lentement sa chemise, en déboutonnant chacun des fermoirs du haut du col jusqu'au bas. Il jeta le tissu sur un dossier de sa chaise tandis qu'il employa sa musculature à un certain nombre d'exercices matinaux. D'abord, quelques flexions et extensions, afin de donner du tonus et raffermir les cuisses. Puis des exercices de souplesse, en gagnant de manière répétée ses orteils du bout des mains sans fléchir des genoux. Il but un verre d'eau, afin de souffler un temps avant de continuer avec la suite de l'entrainement quotidien. Il s'assit ainsi sur le tapis, croisant les jambes et basculant le fessier, et commença son travail d'abdominaux. C'est encore une fois le moment qu'il choisit pour s'adresser à son servant.

<< Monsieur. Je serai bientôt en route pour mon travail. Vous devrez sans aucun doute m'y accompagner. Cette journée sera bien ennuyeuse pour vous, j'en conviens. >>
<< J'en profiterai pour observer attentivement la manière qu'à ce monde d'administrer la justice. Je brûle d'en apprendre d'avantage. >> dit une voix monocorde et stoïque dans sa tête.

Le souffle court, Mikami ne répondit pas tout de suite. Il attendit la fin de sa série avant d'ajouter.

<< Oh je vous rassure. Les procédures et procédés n'ont pas beaucoup changé... >>

Après avoir constaté l'heure qu'il était, il se dirigea vers sa salle de bain afin de se débarrasser de la sueur qui perlait de ses pores à cause des précédents efforts. Il ressortit de sa cabine de douche pour enfiler ses vêtements, et pendre à son coup la fine cravate de la potence judiciaire qu'il représentait à toute heure de sa journée de fonctionnaire public. Il était trop tard pour faire le chemin à pied désormais, et il n'était maintenant plus nécessaire de faire visiter la ville à son servant de toutes les manières. Il sortit ainsi de chez lui, une petite serviette en cuir dans la main droite, et partit trouver l'arrêt de bus le plus proche. Il ne l'attendit que quelques minutes. L'autobus s'arrêta alors à son niveau, dans un bruit tonitruant, et les portes s'ouvrirent. Il monta et présenta de la monnaie au chauffeur qui le regarda d'un regard bovin.

<< Arigato gosaimaaasu... >>

Il se saisit lentement des pièces, qu'il inséra dans une caissette, avant de faire tourner une étrange manivelle en face de son poste de chauffeur, d'un our, deux tours... trois tours... Il sortit de la machine un ticket poinçonné qu'il tendit vers son client en déclarant d'une voix sans âme aucune :

<< Dozoôo... >>

Mikami s'inclina respectueusement et trouva une place assise. Le roulement chaotique du véhicule le mena jusque devant le tribunal, dont il gravit les marches comme à chaque jour ouvré. Les portes du tribunal s'ouvrirent devant lui. Il salua le gardien de nuit qui allait être relevé de ses fonctions, et déposa quelques affaires dans le vestiaire.

La journée commença tout doucement par un café, les dossiers n'affluaient pas sur son bureau. Du moins pas encore, car il savait que dès que sa secrétaire serait à l'oeuvre, les rapports de police couvriraient le bureau. Et ce fut le cas, bien au delà des attentes du jeune procureur. Cela commença par le journal que sa secrétaire apporta aussitôt l'édition tirée. En lettres d'imprimerie, un gros titre cinglait d'un champ lexical morbide les tristes événements de la veille. Quatre morts à déplorer dans un quartier de la gare, les cadavres avaient été retrouvés tous décapités avec une netteté diabolique. Des dizaines de morts retrouvés dans un quartier à quelques encablures, les préliminaires de l'enquête parlaient de blessures infligées "comme par des bêtes sauvages". Le premier événement traitait des meurtres perpétrés par Mikami, le second par le servant tatoué que Assassin avait étêté plus tard dans la soirée. Ces faits concernaient le Magus de très prêt, aussi devrait-il observer les agissements de la police aussi finement que possible. Mais un troisième événement auquel Mikami ne s'attendait pas vint le faire s'étrangler dans sa tasse de café. Une terrible explosion à l'école publique d'un quartier résidentiel tranquille. Si les détails fournis par la police au premier jour de l'enquête semblait privilégier l'accident dû à une fuite de gaz, cette coïncidence semblait bien trop importante aux yeux du procureur pour que celui-ci l'ignore simplement et la balaye d'un revers de manche.

Il attendit donc patiemment les rapports que le central de police transmirent au tribunal. Dans ce rapport, se trouvaient un certain nombres de détails. L'heure de l'explosion. Des témoignages de voisins. Des photographies... Ce qui frappait le plus dans les photographies, c'est l'état de la structure du bâtiment. Si l'explosion avait en effet été causée par une explosion de gaz, le foyer de l'explosion aurait été un peu mieux identifiables. Or, le bâtiment avait ici été soufflé par une réaction en chaîne. C'était l'évidence même. Mikami identifiait jusqu'à 6 foyers d'explosions, qui semblaient avoir été consciencieusement choisis afin de faire s'écrouler la structure de manière efficace. C'était si évident que Mikami peinait à croire que la police n'en ai pas fait la moindre remarque dans le dossier qu'il tenait. Pas une ligne soupçonnant une activité criminelle. Il éplucha donc les témoignages. Voisins dérangés par les bruits. Professeurs incrédules. Parents d'élèves inquiets. Préfet roulant des mécaniques. Badauds abasourdis. Aucun ne faisait état de faits particulièrement étranges, ni avant, ni après l'incident. Comme si la piste accidentelle semblait être en effet la seule logiquement envisageable... En attendant de pouvoir vérifier l'identité de chacun des partis interrogés, Mikami songeait à rendre visite au parti neutre de la guerre du Graal. En effet, comme chaque Magus le sait, la bataille pour le Graal possède des règles strictes dont le garant est le clergé, représenté à Fuyuuki par le prêtre de la paroisse située à l'Est de la ville. Il avait quelques sujets à éclaircir avec eux, notamment au sujet de la gestion de ce genre de crises.

Midi sonnait au carillon du palais de justice. Mikami quitta donc son bureau, et se dirigea vers la piscine municipale située non loin. Lorsqu'il en passa les portes, il sentit que son servant ne le suivait plus. Il sourit légèrement, se dirigeant vers les vestiaires pour homme. Il se déshabilla, ignorant les autres hommes tout autant qu'ils l'ignorait également. Il noua le lacet qui retenait la ceinture de son maillot de baignade, et se dirigea vers le bassin. Debout sur un plot de départ, il se propulsa d'une tension ferme et rapide sur ses muscles postérieurs. Dans un instant d'apesanteur, il glissa sa tête entre ses bras tendus, tandis que ses jambes gagnaient un alignement parfait. Son bassin légèrement relevé dessinait avec grâce une courbe légère qui ne vint même pas perturber l'eau calme lorsque ses mains en pénétrèrent la surface, du moins pas avant qu'une ondulation des ses jambes ne vienne la remuer. Une ondulation franche qui lui permit de franchir quelques bons mètres sous la surface, avant de finalement resurgir en nage libre au style maîtrisé. Alignant les longueurs, segmentées par les virages roulés à chaque bout de bassin. Une fois satisfait de la distance parcourue, Mikami pris une rapide douche afin d'éliminer les produits chimiques dont l'eau recelait, et de retourner se changer. Il retrouva Assassin à la sortie du bâtiment, et se dirigèrent tous deux vers le tribunal.

Une nouvelle après-midi de travail attendait le Magus en civil, où il parcourut cette fois les rapports des meurtres qui le concernaient. Les éléments de l'enquête étaient encore insuffisants. Les autorités étaient incapables de déterminer les causes exactes des morts pour chacun des deux incidents. L'incident lié au servant tatoué était le plus mystérieux pour la police, qui aurait volontiers conclu à une attaque de bêtes sauvages (aux vues des déchirures causées sur les tissus organiques des défunts) si un quadruple homicide n'avait été observé un peu plus loin. La méthode d’exécution était en tous points différente, c'est un fait. Mais la proximité des deux lieux laissait peu de place au hasard cette fois. Aucun témoin ne semblait avoir observé la scène, du moins aucun ne s'était manifesté. Ce qui était aussi étrange face à la brutalité du carnage causé par le sauvageon, qui aurait dû ameuter un quartier entier.

Mikami s'adossa profondément dans son fauteuil et jeta ses pieds sur le bureau, pensif. La porte de son bureau s'ouvrit après un code discret toqué sur celle-ci, code qu'il reconnut. Il annonçait Assassin, qui tourna la poignée et entra dans le bureau. D'un pas encore un peu gauche, il mis un pied dans le bureau. Puis un deuxième. Les chausses de cuir de qualité qu'il portait ne s'étaient pas encore faites à son pied, et grinçaient abondement lorsque la semelle frappait le sol. Le pantalon gris qui peinait à couvrir des chaussettes vertes à motifs jaunes était droit tant il avait été amidonné par le blanchisseur, et était surmonté d'une ceinture de cuir noir, à la fine boucle resserrée au dernier trou. Une chemise blanche rentrée dans son pantalon lui donnait une allure élégante, malgré une cravate ajusté d'une drôle de manière pour l'époque : il l'avait ajustée en baptiste, plaquant le col blanc contre son cou, tandis que le veston gris en maille serrée restait négligemment ouvert. La veste dessinait de franches épaules au servant, comme si elle avaient étaient coupées à la hache dans un bois brut. Seules les bouclettes qui s'y déversaient adoucissaient sa carrure légère mais robuste. Ses cheveux, d'un violet pâle, se déversaient sur trente bons centimètres depuis une tête incroyablement fine, à la fois douce et mélancolique et arborant des yeux d'un violet d'acier. Assassin continua sa course jusqu'à mon bureau, après avoir fermé la porte, et s'assis sur un fauteuil en face du mien. Il m'observa jusqu'à la fin de l'après-midi, remplir paperasse sur paperasse, et lire rapports sur rapports.

Lorsque l'heure de la débauche sonna, Mikami sortit récupérer des affaires à son casier et, accompagné de son servant encore matérialisé dans la peau d'un justicier contemporain, prirent la rue se dirigeant vers l'église du quartier Est de Fuyuuki. Ils marchèrent en silence, comme à leur habitude, jusqu'à atteindre les grilles du lieu de culte...


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